Je me suis endormie au soleil, sur la terrasse, hier aprés-midi.
Je ne sais parler que par morceaux.Par bribes de phrases.Quelques mots.Puis un point.Trop d'images.Tue la phrase.J'attends des adresses.Je pourrais écrire à Marie et lui dire que l'amour n'est pas facile, que c'est une fuite, une perte, qu'il faut apprendre, écouter, que c'est agréablement atroce.Je crois qu'il y'a une impuissance à écrire.Mon corps est moite.L'herbe me pousse sur la langue.Fraîche et humide.Un jour, je saurais parler des loups.Les garçons c'est vulgaire et trés intelligent.Certaines filles ne savent pas dire non.Moi, je m'en fiche, de leurs vies, je les connais par coeur.Par Margot, S., Marie, J.Il y'a toujours cette liberté qu'il faut atteindre.Je coupe.Je fends.Les paroles et les envies.Baudelaire, Rimbaud, Dick et Walther.Drogués.Il faut que j'apprenne le sens des mots.Je pense à la guerre de trente ans.J'éclate de rire.C'est toujours comme ça, quand ma réfléxion me fait faillite.L'or est d'ombre.Elle m'intrigue.Elle est si calme, si gentille.Il doit bien y avoir une forêt en feu à l'intérieur.Je me suis promis de le vérifier.
Les vallées de Lousine.Le vertige.Je repense à Marie :"tu sautes ?" Pourquoi je sauterais ? "Pour rire".Il peut ne pas y avoir de vérité dans les mots.Je peux être comédienne.Mais mon poignet me trahi.Inlassable.J'ai presque fini mon manuscrit.Mon héroïne écrit une lettre.Puis la fin.Mon héroïne est dingue, fabulatrice, gauchiste, et perd l'équilibre.Moi, je la vois partout.Je me défoule sur son personnage.Ses traits inventés.C'est étrange.Ecrire.C'est revivre.Autre chose.Et finir d'écrire.C'est triste.C'est s'arrêter de vivre quelque part, avec ses personnages.
Je m'effondre de fatigue.
"Je peux descendre dans les yeux quand il remonte sur moi".
Le Chemain cailleux des cygnes de la nuit.Lent et immense.Aux ailes rougis bouffées par les lévres coupante des géants qui grimpe les églises orthodoxe et sanguinolante.Un dégoulit de cerise qui parfume l'entrouverture de la pudeur.L'anéantissement de la clarté de l'eau conjugue le verbe tuer à la personne la plus approprié.Qui grimpe grimpe.Toi.Les branches contre mes pieds pour oublier l'odeur de la peinture qui sue au soleil en été.Soleil tiéde.Le lait qui s'égoutte sur les rochers, en haut en haut de ma poitrine.Les cheveux rangés sur le côté, dans l'armoire du politique, donne des ordres à mes désirs de nymphette égorgées par ses ongles trop court.Où sont les hommes ? Ma jeunesse écossaise arrose le balcon de ma peau.Où sont les hommes qui vivaient et aimaient dans un bordel érotique de velours poussiéreux ? Cygnes voluptueux des songes d'une vie synthétique.D'une mort comique.Inventée par les oiseaux étranger de la rue des Lilas, là où la nuit ne tombe pas.
Un jour, je quitterais le monde.J'abandonnerais tout, ce jour là, je me rencontrerais.
Lettre à une professeur :
Cher professeur,
j'ai l'âge blessé, et je me confonds avec les corps voisins.Vous étiez théâtrale cette année, je ne m'y suis pas ennuyée.Vos remarques étaient strictes et votre épilation pas tout à fait net.Vous avez trouvé mes copies original, et du fait vous m'avez demandé "d'arrêter de faire mumuse avec les mots".Vous n'aimez pas que l'on danse sur des terrains que vous pensez connaître par coeur.Dommage que vous ayiez remplaçé Monsieur G.Sa braguette éternellement ouverte me fascinait, il avait cette ouverture d'esprit que vous n'avez pas.Je ne supportais pas que vous acceptiez de rendre au Réalisme,l'esthétique réaliste, ses avatars et ses dérivés, une oeuvre de pénétration, Zola, vous me demandiez de le relire.Votre excitation intellectuelle.Vous vous êtes senti meurtrie, lorsque je vous ai avoué que moi aussi, je voulais être professeur de Littérature.Vous êtes magnifique.J'ai confiance en votre beauté plastique et éphémére.J'aurai aimé vous prouver que le statut d'éléve et de professeur peut ne pas exister en cours de Littérature, mais votre conscience obsédante, nous a, à nous éléves, permis de renier toute lecture de plus de 200 pages, refuser toute inscription de nom d'auteur dans notre mémoire, de vous rendre des écrits d'inventions blasés, simple, et sans relief, des copies que vous appelleriez "correct".Lautréamont n'était pas correct.Il n'était pas au programme."Vous vous prenez pour Isidore Ducasse avec vos métaphores alléchante et votre style insolent Charlotte ?".Quelque soit l'usage que j'en fais, les mots, je ne les contrôle pas.Je pourrais soigner vos frustrations Madame.Vous êtes carrés.Tranquille.Vous vous offusquez aux moindre dérangements.Une vertébre de trop.Les cheveux tiré.Au fond de la classe, loin de vous, le silence est meilleur.Monsieur G. avait des mots compliqués pour m'impressionner.Impressionisme.Artaud.Syntaxe.Dans cent jours Madame, je pleurerais votre limite bourgeoise et votre sécheresse qui ruinait les éspérances que la littérature pouvait humidifier, au travers les études le mercredi, de ces corps voisin et du mien.Cent jours.Votre ménopause littéraire.
Bien à vous veille peau,
Bien aise que vous alliez vous faire foutre,
Charlotte.